Néonicotinoïdes

Au plan national

Réglementation

8 août 2016 – La loi « pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », dont l’objectif est de protéger, restaurer et valoriser la biodiversité, est promulguée. Elle interdit notamment les pesticides à base de néonicotinoïdes à compter du 1er septembre 2018. Terre d’Abeilles se réjouit de cette victoire contre l’agrochimie, soutenue en particulier par les députés Delphine BATHO, Gérard BAPT et Jean-Paul CHANTEGUET, qui clôture un long combat acharné, mené sans relâche aux côtés des apiculteurs français.
Mais le défilé des ministres de l’Agriculture désignés par Emmanuel MACRON, à partir de son premier mandat en 2017, va balayer ces interdictions… au moyen de dérogations injustifiables, de lois irresponsables, adoptées pourtant à la majorité parlementaire malgré les arguments irréfutables que nous n’avons eu de cesse de lister et de transmettre aux députés et sénateurs.

Parmi nos actions menées

Contre la loi d’urgence agricole (ou loi Duplomb 2)

2026 – Après avoir été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel sur le volet pesticides/néonicotinoïdes, qui a monopolisé le débat public, la loi « d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles » a été promulguée le 18 août 2026. Elle entérine la réintroduction dérogatoire pour 3 ans de pesticides interdits : l’acétamipride (au profit de la filière noisette), néonicotinoïde interdit en France en 2018, autorisé dans l’Union européenne jusqu’en 2033 mais dont les doses ont été plusieurs fois réduites par les autorités ces dernières années, et le flupyradifurone (pour traiter les pommes, les cerises et les betteraves sucrières),  commercialisé depuis 2015 et autorisé dans l’Union européenne jusqu’en 2029.

• 7 juillet – Appel à signature de la pétition « La Loi Duplomb via la loi d’urgence agricole, c’est toujours NON ! », à l’initiative de Sabine STRZERZYNSKI
• 9 juin – Interpellation des sénateurs : envoi de notre argumentaire
• 20 avril et 12 mai – Interpellation des députés : envoi de notre argumentaire
• 11 février – Participation à la manifestation près de l’Assemblée nationale

Contre la loi Duplomb 1

2025 – C’est au prétexte – fallacieux, de « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » que les sénateurs DUPLOMB et MENONVILLE ont déposé, en novembre 2024, un texte législatif en faveur de l’agrochimie et de l’agriculture industrielle. Un texte particulièrement rétrograde, dont le contenu ne peut pas résoudre les problèmes des agriculteurs, dangereux au plan sanitaire et environnemental, visant notamment à ré-autoriser trois molécules néonicotinoïdes !

Mais la protection de la santé, de l’environnement et de la qualité de l’alimentation des Françaises et des Français ne s’avère pas la préoccupation majeure de celles et ceux qu’ils ont élus. Après l’adoption du texte au Sénat le 28 janvier 2025, la loi, soutenue par le gouvernement, est définitivement adoptée le 8 juillet 2025 à l’Assemblée nationale, par 316 voix, contre 223… Malgré toutes les actions menées par Terre d’Abeilles et bien d’autres organisations, malgré une mobilisation historique autour d’une pétition qui recueillera plus de 2 millions de signatures mais qui restera sans effet législatif (ce qui pose question, aussi, en matière de contestation citoyenne sous la Vème République), malgré notre demande au Président de la République, la loi est promulguée le 11 août 2025 sans l’article visant à ré-autoriser les trois néonicotinoïdes !
 

• 8 septembre – La bataille continue ! Terre d’Abeilles signe, aux côtés de nombreuses organisations et personnalités, une tribune publiée dans le média Vert. Nous appelons à abroger la loi Duplomb, à rejeter toute nouvelle proposition de loi visant la réintroduction de néonicotinoïdes, à adopter une nouvelle loi répondant aux vrais enjeux agricoles, alimentaires et sanitaires du pays, à réviser les règles qui rendent possible l’adoption de lois au mépris de la science et du débat démocratique et à protéger, prioritairement, la ressource en eau.

• 8 août – Victoire ! Notre mobilisation collective – inédite, a payé. La pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb a réuni plus de 2,1 millions de signatures. Et le Conseil constitutionnel a censuré l’article 2 de la loi Duplomb. Les trois néonicotinoïdes tueurs d’abeilles – dont l’acétamipride, demeureront interdits. 
• 31 juillet – Nous exhortons Emmanuel MACRON, dans un courrier, à ne pas promulguer la loi !
• Juillet – Appel à signature de la pétition « Non à la Loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective », à l’initiative d’Eléonore PATTERY
• 23 juin – Communiqué aux députés : « PPL DUPLOMB. L’avis du Conseil d’État du 5 juin 2025. Comme une ultime alerte aux mensonges ! »
• 26 mai – Suite à l’approbation à la majorité de la Commission des affaires économiques de réautoriser des dérogations à l’usage de l’acétamipride, nous renvoyons aux députés notre argumentaire contre l’acétamipride : « Non au nouveau permis d’empoisonner ! »
• 19 mai – Communiqué aux députés et aux médias : « Après la betterave, la noisette au secours de l’agrochimie ! »
• 5 avril – Participation à la marche « Pour un printemps bruyant »
• 3 avril – Entretien téléphonique avec la secrétaire de la députée Sandrine LE FEUR, rapporteure
• 7 février – Publication d’une lettre ouverte collective adressée au sénateur DUPLOMB
• Janvier à mai – Interpellations successives des sénateurs et des députés : envoi de notre argumentaire

Contre les dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes

2020 – C’est le lobby du sucre contre les producteurs de miel qui obtient la dérogation d’usage, jusqu’en 2023, de l’imidaclopride et du thiaméthoxame, au motif de lutter contre la jaunisse de la betterave due à la présence de pucerons verts. Et ce, malgré l’existence d’alternatives efficaces proposées par l’Anses dès 2018 et par les itinéraires techniques biologiques… Victoire du lobby du sucre, associé à un autre, mais dont on parle moins : celui de l’éthanol !
 
16 juillet 2015 – Nous demandons au Ministre de l’Agriculture de refuser en France toute AMM mettant en oeuvre la matière active fipronil, qui n’a pas été classée dans la famille des néonicotinoïdes.
 
6 mai 2015 et 24 juin 2015 – Terre d’Abeilles participe aux tables rondes organisées par Jean-Paul CHANTEGUET, député de l’Indre et président de la Commission du Développement durable à l’Assemblée Nationale, Delphine BATHO et Gérard BAPT. Représentée par son vice-Président, Frank ALÉTRU, pour présenter la genèse et l’évolution du dossier en France et à l’international, concluant qu’aucun argument n’était dorénavant opposable à l’interdiction généralisée de ces pesticides face aux effets délétères scientifiquement démontrés qu’ils présentent. 

Membres de la Task Force internationale*, le Dr BONMATIN (CNRS Orléans) et le Dr BELZUNCES (INRA Avignon) présentent une synthèse des nombreux éléments scientifiques à charge contre l’utilisation et l’homologation des néonicotinoïdes.  

(*) Task Force internationale – Présentées en 2014, les conclusions d’une trentaine d’experts ayant étudié 1221 études scientifiques relatives aux pesticides néonicotinoïdes sont accablantes. Elles apportent aux décideurs du monde entier les arguments scientifiques irréfutables justifiant l’interdiction généralisée des néonicotinoïdes.

En savoir plus

Interdictions obtenues par les apiculteurs français avec le soutien de Terre d’Abeilles 

Cruiser®/thiamethoxam

29 juin 2012 – Interdiction d’utilisation et de mise sur le marché du pesticide Cruiser OSR en traitement de semence pour le colza 

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a confirmé l’interdiction d’utilisation et de mise sur le marché du pesticide Cruiser OSR, utilisé en traitement de semence pour le colza, à la suite d’un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) du 31 mai ne réfutant pas un effet potentiel de la matière active du Cruiser OSR sur le comportement des abeilles butineuses. (Effet mis en évidence par l’étude scientifique menée par Mickael HENRY et son équipe.)

Terre d’Abeilles salue grandement cette décision en faveur des pollinisateurs, qui récompense son travail accompli depuis la première autorisation accordée pour le maïs à ce puissant neurotoxique qui a déjà décimé des milliers de ruches en Europe.
A l’occasion du réexamen du Cruiser OSR® par l’Anses, nous avons notamment demandé l’audition de plusieurs scientifiques et experts – audition qui a eu lieu le 16 mai 2012, accordée à M. Frank ALETRU (vice-président de Terre d’Abeilles) et au Dr Luc BELZUNCES (écotoxicologue INRA d’Avignon). L’Anses a reconnu la pertinence des éléments concernant la perturbation des butineuses lors du retour à la ruche : une nouvelle démonstration scientifique qui corrobore les observations dénoncées de longue date par les apiculteurs.

Regent®/fipronil

Avril 2005 – Interdiction de commercialisation de semences enrobées de produits à base de fipronil et de produits de traitement des sols à base de fipronil

Synthèse par Terre d’Abeilles du dossier juridique et références scientifiques : Cliquez ici

Le rapport du Comité Scientifique et Technique de l’Étude Multifactorielle des Troubles des Abeilles (CST) : Fipronil utilisé en enrobage de semences (Régent TS®) et troubles des abeilles (Date de diffusion : 15 mai 2005 – 100p.)

Gaucho®/imidaclopride

25 mai 2004 – AMM du Gaucho® sur maïs retirée sur décision du ministre de l’Agriculture 

31 mars 2004 – AMM du Gaucho® sur tournesol retirée sur avis du Conseil d’État

Synthèse par Terre d’Abeilles du dossier juridique et références scientifiques : Lire le rapport

Rapport du Comité Scientifique et Technique de l’Etude Multifactorielle des Troubles des Abeilles (CST) : Imidaclopride utilisé en enrobage de semences (Gaucho®) et troubles des abeilles (Date de diffusion : 18 septembre 2003 – 221p.)

Au plan européen

Réglementation

Décembre 2018 – La Commission européenne, en charge d’autoriser ou non les matières actives entrant dans la composition des pesticides, interdit l’utilisation d’usage de trois substances néonicotinoïdes : thiaméthoxame, clothianidine et imidaclopride, pour toutes les cultures de plein champ. Elle maintient l’autorisation du thiaclopride et de l’acétamipride.

 
La Cour de justice de l’Union européenne a définitivement interdit les dérogations à l’interdiction des néonicotinoïdes depuis son arrêt du 19 janvier 2023. Selon PAN Europe – co-requérante devant la CJUE : sur 14 pesticides interdits par Bruxelles, 236 dérogations ont été adoptées à travers l’UE entre 2020 et 2024, dont la moitié concernent des néonicotinoïdes !  Et ce, sans que les États n’en justifient la nécessité.

Parmi nos actions menées

Cyberactions

Pour l’interdiction du thiaclopride
16 juin 2016 – Rédaction et mise en ligne d’une cyberaction  pour inciter les Eurodéputés de la Commission Environnement à s’opposer à la décision de la Commission européenne en faveur du thiaclopride (insecticide néonicotinoïde hyper-toxique) lors du vote du 21 juin.
 
Pour l’interdiction du sulfoxaflor
Octobre 2015 – Rédaction et mise en ligne d’une cyberaction pour inciter les Eurodéputés de la Commission Environnement à s’opposer à la décision de la Commission européenne en faveur du sulfoxaflor, qui a toutes les caractéristiques délétères d’un néonicotinoïde.

Audition à l’Agence Européenne pour l’Environnement 

29 et 30 juin 2011 – Invité par l’Agence Européenne pour l’Environnement (EEA) à Copenhague à participer au workshop sur le thème de la disparition des abeilles, Frank ALÉTRU  partage son expertise du dossier pesticides en tant que membre du Groupe de travail « Méthodes Pesticides-Abeilles » et ex-porte parole des apiculteurs de France dans le dossier des mortalités d’abeilles liées à l’utilisation des néonicotinoïdes GAUCHO® et REGENT®.  Au profit de l’ensemble des États membres de l’Union Européenne, il expose la situation en France, le combat juridique mené par les apiculteurs et présente les préconisations de mesures urgentes proposées par Terre d’Abeilles. Il est accompagné de la Présidente, Béatrice ROBROLLE-MARY, et de Laura MAXIM, de l’Institut des Sciences et de la Communication du CNRS / Paris. La majeure partie de nos préconisations figureront dans une résolution du Parlement publiée le 15 novembre 2011.